El jardín de Sofía (vídeo)

Los becarios de la Casa de Velázquez 2005-2007
Cereceda, Miguel
2007

///

A pesar de que la beca de Sophie Whettnall es una beca para la sección de vídeo, su más espectacular intervención artística para la Casa de Velázquez no fue precisamente un vídeo, sino lo que podríamos denominar una instalación en el jardín. En un alarde de paisajismo postmoderno, Sofía cubrió el jardín interior de la Casa con un pigmento rojo que dejó descender sobre los árboles y las plantas, al modo de una copiosa nevada de color. A partir de dicha intervención, la artista tomó numerosas fotografías y ha editado igualmente un vídeo que, sin embargo, no termina de hacer justicia a la belleza de aquel poético acto. Cubrir un jardín verde con nieve roja establece en primer lugar un poderoso contraste de colores que seduce de inmediato la mirada. Pero establece en segundo lugar un intenso contraste de conceptos, que también atrapa al espectador.¿Qué significa la nieve roja? No hay aquí, aunque podría esperarse, ninguna alusión política, sino tan sólo una figura poética. Una especie de oxímoron con el que la artista construye su propia identidad. Lo mismo que el oxímoron expresa una contradicción en los términos, también la artista desarrolla su trabajo como una especie de lucha de contrarios consigo misma. Esta tendencia, que ya era evidente en los títulos de algunas de sus obras anteriores (“Air liquide. Eau gazeuse” 2001 o “Face a face” 2002), se vuelve sin embargo el hilo conductor de sus trabajos más recientes. En “Random Fight” la artista se enfrenta consigo misma en un combate cuerpo a cuerpo, en el que no hay vencedores ni vencidos, sino tan sólo la experiencia del combate. Del mismo modo, en “Shadow Boxing”, una pieza que se ha presentado recientemente en el centro de arte contemporáneo La Chocolatería de Santiago de Compostela, la artista se enfrenta impertérrita no sólo a un amenazante púgil, que dirige diversos golpes contra su rostro sin tocarlo, sino que se enfrenta además a la propia representación expositiva en una sala, de este combate de sombras. Por último, en “Desk Piece”, el enfrentamiento en actitud desafiante se produce en esta ocasión directamente con el espectador.La articulación de esta idea de contrarios, como en la nieve roja, le sirve así a la artista como hilo conductor para ir desplegando dialécticamente sus propias contradicciones frente al equívoco y confuso mundo del arte. Si en “Random Fight” la artista combate consigo misma y se enfrenta así al primer problema que todo artista tiene, consistente en clarificar su propio trabajo, en “Shadow Boxing”, el combate parece que se produce frente a las complejas expectativas del mundo del arte, los críticos, los galeristas, los museos y el sistema general expositivo, que también se vuelven fantasmales y amenazadores para todo artista. Por último, en “Desk Piece”, la artista se enfrenta directamente, cara a cara, con el espectador, del mismo modo que toda obra de arte se enfrenta también con las expectativas del público, en un combate cuerpo a cuerpo.Es posible que así la trayectoria artística de Sophie Whettnall se haya orientado decididamente hacia la reflexión, característicamente moderna, del arte sobre sus propias expectativas. Sin embargo, frente a la tradición autorreferencial del arte contemporáneo, que particularmente en Joseph Kosuth subrayaba el carácter tautológico de toda obra de arte, lo que Sophie intenta delicadamente con su nieve roja es abrir el interior de las contradicciones de esta tautología. Que lo que toda obra de arte dice en primer lugar de sí misma es “yo soy una obra de arte” es lo que ya tal vez todo el mundo sabe. Pero que en el interior de toda obra de arte hay un combate es lo que el trabajo de Sophie Whettnall muestra.





L
e jardin de Sophie (installation et vidéo)

Cereceda, Miguel
2007

///

La bourse de Sophie Whettnall est une bourse de la section vidéo ; pourtant, sa prestation artistique la plus spectaculaire n’a pas été précisément une vidéo, mais ce que l’on pourrait plutôt appeler une installation dans le jardin. Se livrant presque à une démonstration de paysagisme postmoderne, Sophie a recouvert le patio de la Casa d’un pigment rouge qu’elle a laissé se poser sur les arbres et les plantes, à la manière d’une bonne averse de neige en couleur. À partir de cette intervention, l’artiste a pris de nombreuses photographies et elle a également édité une qui, cependant, ne rend pas totalement justice à la beauté de cet acte poétique. Couvrir un jardin vert de neige rouge établit tout d’abord un puissant contraste de couleurs qui séduit l’œil  immédiatement ;  est établi ensuite un intense contraste de concepts, qui lui aussi saisit le spectateur.      Que signifie la neige rouge ? Il n’y a ici, même si l’on pourrait s’y attendre, aucune allusion politique ; seulement une figure poétique. Une sorte d’oxymoron au moyen duquel l’artiste construit sa propre identité. De même que l’oxymoron exprime une contradiction dans les termes, l’artiste développe son travail comme une sorte de lutte avec elle-même. Cette tendance, déjà visible dans les titres de quelques-unes de ses œuvres précédentes (“Air liquide. Eau gazeuse”, 2001 ou “Face à face”, 2002), devient le fil conducteur de ses travaux plus récents. Dans “Random Fight” l’artiste se confronte à elle-même dans un combat corps à corps, dans lequel il n’y a ni vainqueurs ni vaincus, mais seulement l’expérience du combat. De même, dans “Shadow Boxing”, présentée récemment au centre d’art contemporain A Chocolataría  de Saint-Jacques-de- Compostelle, l’artiste fait face, imperturbable, à un boxeur menaçant qui envoie des coups contre son visage, sans la toucher ; elle se confronte aussi à la représentation même de ce combat d’ombres dans une salle. Enfin, dans “Desk Piece”, l’affrontement dans une attitude de défi se produit, dans ce cas, directement avec le spectateur.     L’articulation de cette idée des contraires, comme dans la neige rouge, sert ainsi de fil conducteur à l’artiste pour développer peu à peu la dialectique de ses propres contradictions face au monde de l’art, équivoque et confus. Si dans “Random Fight” l’artiste combat contre elle-même et si elle affronte ainsi le premier problème de tout artiste, qui consiste à clarifier son propre travail, dans “Shadow Boxing”, le combat semble se produire face aux expectatives complexes du monde de l’art, face aux critiques, aux galeristes, aux musées, au système général des expositions qui deviennent fantomatiques et menaçants pour tout artiste. Enfin, dans “Desk Piece”, l’artiste est confrontée directement au spectateur, face à face, de la même manière que toute œuvre d’art est confrontée aux attentes du public, dans un combat corps à corps.     Il est possible qu’ainsi la trajectoire artistique de Sophie Whettnall se soit orientée délibérément vers la réflexion – caractéristiquement moderne – de l’art sur ses propres attentes. Pourtant, face à la tradition “autoréférentielle” de l’art contemporain qui, tout particulièrement chez Joseph Kosuth met en évidence le caractère tautologique de toute œuvre, ce que Sophie tente subtilement avec sa neige rouge, c’est de mettre à nu les contradictions de cette tautologie. Car ce que dit d’abord toute œuvre d’art d’elle-même c’est : “je suis une œuvre d’art” ; et ça, peut-être que tout le monde le sait. Mais qu’à l’intérieur de toute œuvre d’art il y a un combat, c’est ce que montre le travail de Sophie Whettnall.